Nous voilà sur cette splendide île de la Réunion...physiquement non préparée mais avec un mental d'acier!
1ère nuit blanche dans l'avion, whaou, ça calme....puis quelques jours pour se faire peur entre les 17 grands et 10 semi-raideurs que nous sommes.
Départ le vendredi 23 octobre à 0h00, et là mes amis, il pleut des seaux d'eau, j'ai jamais vu ça de ma vie, les rues de St Philippe se sont transformées en torrent. A noter que les pieds
pataugent dans une piscine d'emblée!
Je pars en queue de peloton et trottine tout le long, remonte beaucoup de monde en même temps qu'un autre
concurrent nommé FX. Il me donne de bons conseils et nous progressons bien dans la montée des champs de canne à sucre.
1èr ravito, il n'y a plus rien, c'est Tchernobyl, entre la pluie, la boue et le passage de 2000 raideurs! bon,
pas grave, je m'arrête derrière une voiture pour faire pipi et manque de bol, je m'éclate ma cheville droite dans un genre de sillon profond mais pas plus large que ma chaussure. Ouie je
déguste.
Le goulet pour accéder au volcan s'annonce, la pluie a cessé mais c'est une vraie patinoire, on s'accroche à tout ce que l'on trouve, moi par ex à un tronc de cactus, aie aie aie, il faut que je
sois plus prudente; plusieurs arrêts nets de 10 min tellement ça bouchonne; beaucoup chutent; c'est un tunnel de jungle et ma tête heurte violemment un tronc, je suis sonnée mais il faut
progresser;
Et soudain, on sort du goulet, le jour va bientôt se lever et tout ce spectacle m'impressionne, c'est
grandiose! Je progresse bien, certains donnent déjà des signes de fatigue, moi je suis bouche bée!
Je suis frileuse et pourtant je suis la seule sans coupe-vent, je suis comblée, si tel est faire un raid, J'ADORE!!
Ma tête tourne de droite à gauche pour ne rien rater de ce fabuleux paysage.
On arrive à Foc Foc, je suis impressionée par la
grandeur du domaine du Piton de la Fournaise mais aussi par mon état de forme.
Deux petites soupes, je rajoute de l'eau dans le sac et hop ça repart.
La plaine des sables est majestueuse, je cours doucement pour ne pas trop puiser et reprend du monde sur cette partie.
Nouveau ravito : 2 soupes, du coca et hop on
redemarre.
Je retrouve Fx dans la descente vers Mare à Boue, il est militaire et me propose de me ravitailler dans la tente destinée aux militaires mais je refuse (grosse erreur) !
Le ravito de Mare à Boue est géré par l'armée, il y a de tout, mais j'ai pas faim, je prends juste une soupe, un coca, une vitamine C, je m'assoie un peu, je cherche un visage familier mais non,
personne de mon groupe, je dois être loin derrière les autres.
Je repars,il est presque midi et j'ai déjà fait 50km,
la 1ère partie dans des champs d'herbe, à passer d'un champ à l'autre à l'aide d'echelles, c'est tout à fait particulier.
Puis vient la montée vers Kerveguen, et là d'un coup je passe de bien à très mal; je sais tout de suite ce qu'il en est, je suis en hypoglycémie, je ne tiens plus debout, j'ai espoir qu'en mangeant
mes barres de céréales ça passera mais non je vais de moins en moins bien, je monte à 0.5km/h, c'est rageant de me rendre compte que j'ai fait une énorme erreur en ne m'alimentant pas!!
Manque de bol, il commence à pleuvoir, il fait vite très froid et la pluie se rabat sur nous. J'abandonne, je vais rester là, je ne pourrais pas relancer le moteur; j'envoie 1 sms à Jean-Noel qui
nous suit pour lui demander de me chercher au refuge du Piton des Neiges. Il est ok pour me chercher; encore faut-il arriver!!
Je suis à bout de souffle et m'arrete tous les 5 m quand je vois Gerald, de mon groupe, mais que fait-il derrière moi?? quelle chance!! il refuse que je reste là et m'emmene jusqu'au stand
secours du refuge.Il est 17h.
Là ils me disent que je suis déshydradée et en hypo, que je peux rester dormir au refuge et redescendre demain car il est impossible de se faire chercher là, totalement inacessible! Oh merde!! Ils
m'enervent, j'entends que 400 personnes montent encore et qu'ils sont débordés, pas assez de place pour accueillir tout le monde!!
17h30 je décide avec Jean No de descendre de suite vers Cilaos, il m'attend en bas et dans la descente je le rappelle pour lui dire que je veux continuer, aller au bout de cette aventure....
Oui finir ce raid, pour moi, pour Alain, pour mes 2 loulous, il faut le finir.
Nous sommes un groupe de 6, un couple, une autre fille qui va s'arreter à Cilaos parce qu'elle aussi n'arrive pas à s'alimenter, et 2 gars. Il reste encore une bonne heure de descente, il fait nuit
et il pleut légèrement rendant les marches en rondin de bois très glissantes. Chacun des 6 se retrouve tour à tour sur les fesses au moins 3 fois!!
On arrive à Cilaos, il reste 4 km de bitume avant le stade; la fille rencontrée est très sympa, dommage qu'elle s'arrete;
20h30 je mange (je me force) avec les 2 gars, je me change et je trouve mes pieds vraiment bizarres, ça doit être normal;
avec les 2 autres, on décide de dormir et de repartir à 23h sauf que je n'arrive pas à dormir!!
Je vois notre ostéo du groupe qui m'attend transi de froid; mon corps ça va; le moral est revenu; je m'en veux d'avoir perdu beaucoup de temps mais tant pis si je veux finir, on oublie le
chrono!!
Il y a plein de monde du groupe, des semi-raideurs et des accompagnateurs. Ils sont prevenus qu'Annick, l'autre femme de notre groupe, a fait une chute de 10m dans la descente de Cilaos. J'ai froid
dans le dos, la pauvre, elle méritait de finir cette course et je la croyais devant moi !!
Elle arrive dans une couverture de survie, l'épaule meurtrie, l'aventure s'arrete là pour elle; Olivier a stoppé aussi pour fatigue, Bruno est tombé sur la main, a abandonné lui aussi;
Laurent, un accompagnateur arrive parce qu'il a récupéré Fred, transi de froid dans la montée du Taibit, ma prochaine montée.
Que d'abandons, mais non je ne resterais pas ici, je suis à la moitié; Laurent me motive à fond et ne trouvant plus mes 2 compères à 23h, il me fait partir avec d'autres personnes.
Je suis en forme, les premiers signes de manque de sommeil se font sentir... je grimpe le Taibit seule quasi en courant, personne dans mon sillage; la tisane ascenseur fait du bien; c'est le cas de
le dire, je plane à fond!!
Arrivée à Marla avant 5h00, pas de perte de temps, on avance;
à Trois Roches, je m'allonge sur le sol pour dormir mais rien à faire j'y arrive pas!!
Passage d'une rivière sur des roches et 2 caméramens sont là pour immortaliser ma chute mémorable !! Merde, j'y crois pas, et pourtant tout est détrempé, il me faut beaucoup de temps pour le
réaliser tellement je suis crevée mais OUI JE SUIS TOMBEE!!
Cette journée, dans le splendide cirque de MAFATE, sera placée sous le signe de la fatigue et poutant chaque fois que je tente dormir, c'est niet et sous le signe de la chaleur. Je commence à
redouter les barrières horaires mais personne n'avance plus vite que moi; Christophe, Nicolas et Cathy du semi me passent.
Lucie, une amie, m'a envoyé un sms de l'arrivée d'Alain, c'est énorme ce qu'il a fait, je suis fière de lui !!
Arrivée au gros ravito de 2 bras peu avant 20h; il y a tout ce que l'on veut, kiné, podologue, repas chaud (le 1er du jour), et ravito perso ( nouvelles chaussures); Fx est là aussi.
je compte, il me reste 30km, je vais me faire soigner les pieds pour mieux progresser;
mes pieds ont moissis, tout le temps dans l'humidité; la paure podologue a du boulot, elle me vide toutes les ampoules, les remplis avec de l'éosine et me panse toutes les plaies et voici le début
de mes ennuis jusqu'à la redoute;
je souffre désormais le martyre à chaque pas, bizzare je pense vu que ça a été soigné!!
La montée vers Dos d'âne est hallucinante, une énorme impression de déjà véçu, je sais à l'avance de tout ce qui se passera;
je marche derrière une autre raideuse car ma frontale est vide; il y a au moins 50 personnes derrière nous;
l'ascension est très étroite et la falaise abrute de l'autre côté; je rattrape le raideur derrière moi avant ce qui aurait pu être la fin de son raid; les autres derrière lui n'en reviennent pas de
ma lucidité; eh oui, quand on ne dort pas, c'est méga chouette la vie !!
On arrive au ravito de dos d'ane, j'écris à Jean-No que je dors ici pour repartir demain car ma frontale est à plat; il me rappelle et je lui explique le cas, du coup une bénévole m'apporte des
piles et je peux du coup repartir; super cool
Mais la médecin à qui j'avais demandé un lit me demande depuis combien de temps je n'ai pas dormi....euh, le départ of course... et non, jeune fille, 30min de repos obligatoire et malgré le
bruit du groupe électrogène, je suis sur le point de m'endormir quand d'un coup, plusieurs personnes se mettent à me frotter de toute part; en fait, je grelottais.
On me donne de l'eau chaude, à manger et du coup je repars sans dormir.
Voilà il ne reste plus que quelques heures, il y a plein d'endroits où je pourrais courir mais la douleur de mes pieds est preque plus soutenable.
Je rentre dans la dernière portion, Jean Noel est là, comment qualifier tout ce qu'il a fait pour nous tous, je sais qu'il a passé la nuit sur le stade, je descends plus vite qu'avant, je lui dois
bien ça!!
Alain est là, pas la peine de se parler, dans un seul regard, je comprends qu'il est fier de moi et on est heureux de se retrouver!!
Olivier et Bruno sont présents, whaou, c'est la classe, je cours jusqu'à la ligne d'arrivée; Faby, Christophe, Corinne sont là et c'est fantastique.
Ma joie est immense, oui je l'ai fait, oui ce fut fantastique; oui mon chrono est merdique mais J'AI SURVECU et c'est tout ce qui m'importe.
RAID EXTRAORDINAIRE
MERCI à tous pour vos messages, vos encouragements; rien à dire, vous êtes les meilleurs !!
Allez un petit retour bloginien pour célébrer ce premier triathlon d'Offenbourg, qui finalement restera pour
nous un peu comme un mauvais rêve...
Participation au MD pour Alain et moi, lever tôt, pro'dej et gateau sport au menu dominical (ça passe mal, j'ai failli nourir les poissons ou mes poursuivants, eh oui, ils y en avaient), et
arrivée sur place pile 7h.
Départ en une vague, j'ai de bonnes sensations aquatiques sauf lors du passage balnéo mais énorme déception, la première du jour, en découvrant mon temps,36'32, pas possible, pourquoi je regresse
à ce point??
Entrée du parc à vélo, il PLEUT, je crois que je vais rester dans le parc, feinter une crevaison ou un ennui technique ( toujours possible) mais bon, les filles qui m'entourent partent alors
pas trop le choix.
Le circuit est lassant, on tourne en rond, virages sérrés à droite en pagaille, bref 2 ème deception.
Temps vélo accablant, je pars courir, doucement et de plus en plus doucement, suite aux douleurs des 2 cuisses mais je finis avec un temps extraordinaire de 6h22, trop classe , je m'épate, suis
dégoutée , en même temps je m'attendais à quoi, un miracle?? ben oui, ça m'aurait drôlement remonter le moral! 
Pendant la course à pied, Ludo m'apprend qu'Alain a fini 3ème, en même temps je savais que ça arriverait mais ce qu'on ne savait pas, c'était sa DISQUALIFICATION pour avoir loupé une bouée sur la
partie natation. Et bien sûr SILENCE TOTAL DE LA PART DE L'ORGANISATION ALLEMANDE!! INCROYABLE....
Pour moi ce sera la 1ère et dernière course à Offenbourg!!
pour moi tu es 3ème de cette course mon champion
Un grand merci à tous les supporters, Isa et Richard, Céline, Esther, Guillemette, Drine-Drine, Vince et plein d'autres que je ne connaissais pas
ainsi que tous les concurrants qui ont eu un mot gentil pour moi, super!!
Message perso pour Olive : T'as craqué en CAP ??
Par ADYT
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Et c'est peu dire que de dire que je suis mégafière de mon grand
loulou qui après une course exemplaire finit 3ème de sa vague...tout le monde était content mais GRANDE SURPRISE lors des podiums car en fait il est 1er chez les poussins : BRAVO et tu la mérites cette 1ère place !! et très fière de la petite aussi qui officiellement aujourd'hui entre dans la cour des nageuses.